Le sexe fait peur ^^  » Teeth « 

Voilà un film original ( un vagin pourvu de dents et qui mord ). Voici le résumé du film et sa critique faite par DvdRama.

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Dawn, lycéenne sans histoire, redouble d’efforts pour refouler tout désir sexuel. Elle milite d’ailleurs activement dans un groupe prônant la chasteté jusqu’au mariage. Mais, cette abstinence est de plus en plus mise à rude épreuve. D’abord, par le séduisant Tobey, dont elle tombe amoureuse. Ensuite, par les provocations à répétition de Brad, son demi-frère à la sexualité très extravertie. La vie de Dawn va brutalement basculer le jour où elle découvre avec effroi qu’en cas d’agression, son vagin peut devenir une arme de défense grâce aux nombreuses dents dont il est tapissé ! Ce que la jeune castratrice prenait d’abord pour une damnation va en fait s’avérer très vite être un pouvoir particulièrement incisif…

http://www.dailymotion.com/video/x54dlr

 

Critique du film :

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Le film sur l’adolescence, quasiment un genre en soi, donne régulièrement lieu à des bluettes insignifiantes à base de roucoulades sentimentales et de clichés laborieux. Un peu moins régulièrement, des cinéastes plus ambitieux ( ou plus malins ) n’utilisent la toile de fond ado que pour en dévoiler l’envers du décor avec son cortège de dépressions identitaires et d’affects torturés. Bonne nouvelle : Teeth, comédie teen trash de Mitchell Lichtenstein, le fiston de Roy, présentée en compétition au festival du film américain de Deauville, s’inscrit dans la seconde catégorie et propose de suivre l’itinéraire mouvementé d’une jeune fille confrontée à une hallucinante découverte: son vagin a des dents! Victime de sa propre singularité, elle va devoir percer son mystère intérieur envers et contre tous. On met notre sexe à couper que tout le monde va en parler.

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Les premiers émois et la découverte de la sexualité à l’âge ingrat, autant le dire illico: on connaît. Et pourtant, il faut avouer que l’idée du vagin qui a des dents a de la gueule. Nous ne sommes pas dans un film X des années 70 ( Le sexe qui parle, de Claude Mulot et Francis Leroi ) mais une comédie horrifique US où les ados ont passé le cap de la tarte américaine bien grasse et vivent dans les cloaques d’un certain cinéma trash franc du collier engendré par des auteurs qui n’avaient pas peur des outrances de sujets croustillants. Après la petite cochonne qui prodigue une fellation à son chien et pourtant rougit dès qu’elle dit un gros mot ( le tartignole Juste une fois !, de Bob Goldthwait ), c’est au tour de l’adolescente de Teeth de faire son entrée en scène. Ce premier long métrage de Mitchell Lichtenstein, fils de Roy, icône Warholienne des années seventies, possède un argument fantastique qui donne envie d’y croire même si les pétards mouillés bâtis sur ce genre de synopsis alléchant n’en finissent plus de surabonder. Ô miracle: Teeth ne fait pas partie de ces escroqueries mortifiantes qui prennent les adolescents pour des pompes à fric et va jusqu’au bout de son délire cru. A savoir instiller dès la première scène son sujet de fascination trouble – le frangin tout jeune qui joue à touche pipi avec sa soeur – et continuer sur cette pente exponentionnelle ( plus le film avance, plus il progresse dans la surenchère et la folie ).

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C’est pourquoi on s’amuse plutôt bien – voire beaucoup – devant Teeth ( que les distributeurs ont eu l’intelligence de ne pas baptiser «American Pie Teeth» ). Une comédie pas comme les autres que l’on sent orchestrée avec amour pour les amateurs de bizarreries indie ( histoire de trouver un successeur culte aux Donnie Darko et La secrétaire ) et moins calibrée pour les adolescents qui ne vont pas nécessairement adhérer à tous les excès de la farce métaphorique ( ce vagin-là est bien sûr une métaphore sur le passage à l’acte ). Son point d’orgue? Une visite chez le gynécologue – vraiment hilarante – où le personnage principal se pose des questions sur sa mécanique sexuelle ( serait-elle frigide ? Mal constituée ? Anormale ? ) et veut comprendre ce doux mal qui la dévore. La séance assez hallucinante ne rassure personne, ni le gynéco qui pourtant en a vu passer ni l’adolescente qui se nourrit d’idées déjà noires. Là où Teeth nous séduit, c’est dans sa capacité à tout transgresser ( relation demi-incestueuse, plaisir coupable d’une première étreinte ) et son intelligence qui consiste à se moquer de toutes les conventions ridiculement dadaïstes du teenage movie avec ses tentatives de drague, ses crétins glabres, son rock californien et ses défis de jeunes cons. Tous ces poncifs, Lichtenstein les retourne et privilégie la découverte du désir et sa reconnaissance. Et peu importe le temps que ça prend.

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Qu’il s’agisse de créer des digressions sensualistes ( la «première fois», loin des autres ) ou une vraie tension dramatique ( mordra, mordra pas? ), ce divertissement ajoute à son arc une critique acerbe ( pour ne pas dire, mordante ) du puritanisme américain. On comprend vite que la protagoniste un rien sainte-ni-touche est farouchement convaincue de la morale Britney Spears qui condamne l’amour avant le mariage ( « - Having sex? – No way! » ). Au lycée, ce n’est pas mieux. Les professeurs cachent dans les manuels scolaires l’anatomie des femmes – pas celle des hommes – par un autocollant. Dans la cour de récré, les élèves du bahut pointent du doigt notre héroïne, «la pucelle du lycée», qui appartient aux Virgin Suicides, à ces demoiselles en fleur discrètement titillées par le spleen qui voient au loin les fumées nauséabondes que crachent les usines reponsables de sa mutation ( sorte de contrepoint à son univers trop clean pour être honnête ) et qui va découvrir le plus lentement du monde qu’il n’est rien de plus formidable que de faire l’amour. Et Dieu sait comme elle a raison.

Cette petite friandise gore bricolée selon les règles d’un Frank Henenlotter ( Elmer, le remue-meninges; Frankenhooker ) est à la fois drôle et hémoglo ( donc respect du cahier des charges et des intentions de départ sans se cacher derrière une morale à deux kopeks ), fabriquée avec une absence de sérieux et de prétention qui amplifient notre enthousiasme. En usant de tout plein de clins d’oeil à la série B ( idéaux pour faire un parallèle entre le vagin de dents et les scorpions ), elle explore voire désamorce quelques troublants fantasmes masculins et brosse le beau portrait d’une ado libre de ses désirs ( quand elle prend son pied, son vagin reste calme; quand elle sent que le mec se fout de sa gueule, il montre les crocs ) et de son beau corps, filmé en full frontal lors d’une scène où l’héroïne se pointe nue devant une glace; et se regarde, désirable. Avec sa fin en queue de poisson proche de celle de A Gun for Jennifer ( on n’en dit pas plus ), Teeth, discrètement féministe sans être pro, fait mal aux endroits les plus sensibles et devrait beaucoup amuser les amoureux de dérives bis, les vraies.

Donc à Voir ^^

 


Un commentaire

  1. snaven dit :

    Un bonheur de psychanalyste…

    Dernière publication sur Guide Approximatif Rédigé par un Geek Lobotomisé : https://opalescenceprogrammee.wordpress.com/

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