Critique de  » Ca$h « 

Critique CinémaFrance ! ! !

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Pour son premier long-métrage, Eric Besnard s’attaque à un genre peu usité en France, le film d’arnaque…

Toute époque a les films qu’elle mérite. Ainsi Cash semble arborer l’étendard bling-bling, beaucoup de promesse, un certain gout pour l’ostentation et une brochette de stars, pour un résultat des plus modestes. Au premier coup d’œil, cela se vérifie par des effets de styles sensés masquer la relative fadeur de la mise en scène. Derrière le scope se cache des cadres d’une composition faiblement inspirée, entretenant une certaine propension au vide, et laissant apparaitre une production design des plus légères. Les splitscreens, les divers effets de montage tape-à-l’œil et la musique tente de dynamiser un rythme narratif emprunté. Tandis que les freeze frames voudraient fixer une classe et un glamour illusoires.

Le scénario joue lui aussi la carte de l’esbroufe, collant à son registre de film d’arnaque. Cash et sa fine équipe sont passés maitres en la matière, et s’apprêtent à réaliser un gros coup jusqu’à ce qu’une inspectrice mette son nez dans leurs affaires pour tout faire capoter… à moins que. En effet, à partir de là, rien n’est sûr et le film virevolte de manipulations en manipulations, entrainant le spectateur dans une cascade de faux-semblants. A ce petit jeu de piste scénaristique est évidemment sacrifié le fond. Point de réflexion sur les apparences, la manipulation, la confiance, la mise en scène. Ici, tout n’est que pur plaisir hédonisme, à prendre au premier degré.

On a donc vite fait de se désintéresser des personnages et de leurs « états d’âmes », tant ils ne sont que des rouages mécaniques aux services de l’intrigue et des différentes figures qu’elle impose, entre trauma factice, histoire d’amour insipide ou veine rivalité. Prisonniers de ce carcan, les acteurs n’ont alors que peu de latitudes. Si Valeria Golino s’en sort à peu près, tout comme Jean Dujardin qui balade sa dégaine OSSiene et parvient à tirer partie de quelques répliques et acrobaties. Le reste ne trouve que portion congrue, Alice Taglioni joue les potiches de charme, Jean Reno cabotine doucement, François Berléand retrouve un registre similaire à celui des deux Transporteur, tandis que Samir Guesmi, Caroline Proust, Roger Dumas et Jocelyn Quivrin se contentent de jouer les utilités. On s’amusera tout de même de la présence incongrue de Ciaran Hinds ( Jules César dans Rome ), s’exprimant aussi bien dans la langue de que de Molière.

Malgré un vernis cheap, une facette comique peu efficace, l’absence d’un véritable suspense par faute de trop tirer sur la corde, Cash parvient pourtant à emporter la mise dans un dernier quart efficace, à défaut d’être convaincant, qui, s’il ne fait pas oublier le labeur le précédant, offre une réussite d’apparat à l’entreprise. L’arnaque montée par le scénariste Eric Besnard pour son premier film réussit donc à pigeonner le spectateur, bien incapable de prédire l’issue avant les ultimes séquences. Seul le temps permettra de dire si Cash gagne à la révision, ou s’il se dégonfle alors définitivement… Même s’il restera toujours très loin derrière des références du genre, tels Usual Suspects ou La Prisonnière espagnole.

Exercice de style quelque peu vain, Cash finit tout de même par divertir à force de surenchère.