Archive pour 18 avril, 2008

Critique de  » Iron Man « 

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Critique CinémaFrance ! ! !

Après les X-Men, les Spider-Man… voici venir le règne d’Iron Man, la dernière adaptation ciné d’une BD Marvel.Milliardaire, ingénieur de génie et magnat des armes, Tony Stark mène une existence de playboy sans se soucier du monde qui l’entoure. Alors qu’il était venu présenter, dans un pays du Moyen-Orient, sa dernière révolution en matière d’arme de destruction massive, il se fait capturer et séquestrer dans une grotte, contraint de construire une réplique de sa création meurtrière pour les personnes qu’elle devait justement abattre. Mais il se construit secrètement une armure lui permettant de se débarrasser de ses ravisseurs et de s’enfuir. Revenu à la vie normale, transformé par son expérience traumatisante, Stark décide de changer radicalement de comportement. Désormais il défendra les faibles et les opprimés sous la combinaison métallique d’Iron Man

Cela fera bientôt une décennie que les super-héros ont exécuté un fracassant revival au cinéma. Dix années que les créations de la Marvel squattent les cimes du box-office mondial avec une fréquence appuyée (au minimum il en sort un tous les six mois) et durable, au point qu’il y a deux ans, Marvel Enterprises a gagné son indépendance financière et décidé de se lancer elle-même dans la fabrication de fiction mettant en scènes les personnages issus de son catalogue. Ainsi les nouvelles franchises à venir seront entièrement contrôlées par la firme. Une reprise en main des affaires qui obliquerait vers des adaptations de qualités et fidèles aux matériaux d’origines, serait-on enclin à penser. Néanmoins la sortie d’Iron Man, première production bénéficiant de cet état économique, tend à modérer notre assurance.

Pas que le film soit un fiasco de l’ordre d’un Daredevil ou d’un 4 Fantastiques, non de ce côté-là les débuts de l’homme d’acier sur grand écran peuvent se vanter de ne pas sombrer dans la niaiserie démoralisante. Les auteurs du script ont su dégager l’essentiel de ce qui faisait tout l’intérêt du comic-book : malgré l’éclipse du penchant maladif pour l’alcool de Tony Stark, sa psychologie et ses imperfections sont en majeure partie respectées. Cet aspect non lissé du héros – véhicule de thématiques telles que la rédemption et la responsabilité – permet d’amener une charge cynique et impudente sur la suprématie militaire des Etats-Unis ( Stark gravement blessé par un missile portant le nom de sa société ). Un discours inattendu dans un divertissement de ce type, dépeignant longuement les origines de la transformation de personnage principal en justicier ( entièrement fidèle à l’histoire originelle )… beaucoup trop même.

Car à force de stagner sur la naissance d’Iron Man, le reste du récit se retrouve englouti dans la présentation des protagonistes et la description des enjeux dramatiques à venir. Le non-initié ne sera aucunement perdu mais le fan connaissant les tenants et aboutissants de l’objet sera passablement impatienté de ne pas rentrer plus vite dans le vif du sujet et de se voir restreint à une longue introduction de deux heures, prétexte à préparer le terrain pour la mise en route d’une hypothétique séquelle.

Cas rarissime, la place dévolue aux scènes d’actions s’en retrouve diminuée. Ces séquences sont par ailleurs correctement emballées – mais sans génie – par Jon Favreau, acteur de second plan et occasionnellement réalisateur de produits manufacturés à destination des plus jeunes ( Zathura : une aventure spatiale ), ce qui explique sans doute la présence contraignante, pour ne pas dire très génânte, d’un ton moralisateur à destination des moins de 12 ans. Il peut remercier les petits gars d’ILM dont le travail sur les effets spéciaux est une fois de plus formidable ( oubliez le teaser avec son rendu cartoon ), et son casting en acier trempé, doté d’un Robert Downey Jr. parfait et d’un Jeff Bridges charismatique en diable en Obadiah Stane, grand méchant sombrant trop vite.

Bilan donc mitigé pour Marvel, qui a parfaitement assimilé l’idée qu’un bon super-héros movie s’attache avant tout à l’humanité de son héros, mais qui continue à perpétuer certaines de ses erreurs. Bon allez on pardonne, si seulement le suivant passe la vitesse supérieure.

Soufflant le chaud et le froid, Iron Man arrive à se maintenir en rase-mottes au dessus du flot d’adaptations médiocres de comics. A réserver aux non connaisseurs, les fans eux peuvent attendre patiemment la suite pour passer aux choses vraiment sérieuses.