Le buzz énorme autour de Doomsday …

Source DvdRama ! ! !

Ce film tout le monde en parle, en parle, en parle j’espère simplement que tout ce buzz ne nous décevra pas ^^

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En 2007, un virus se propage et décime la population. Le gouvernement décide alors d’évacuer les survivants de la zone infectée en construisant un mur immense pour empêcher toute intrusion et/ou évasion. Trente ans plus tard, ledit virus menace de nouveau. Une équipe menée par le Major Eden Sinclair ( Rhona Mitra, aussi amusante que Milla Jovovich dans Resident Evil ) est envoyée dans la zone infectée pour trouver le remède. Ce qui réserve forcément quelques mauvaises surprises avec des mutants punks dégénérés et des créatures post-apocalyptiques redoutables. Voilà donc le programme scénaristique de Doomsday, nouveau long métrage de Neil Marshall, considéré depuis la réussite de The Descent comme l’un des chefs de file du cinéma horrifique britannique et l’un des membres du collectif Splat Pack avec James Wan, Eli Roth, Alexandre Aja, Darren Lynn Bousman, Greg McLean, Rob Zombie et Leigh Whannell. Avec ce film, il s’inscrit moins dans le film d’horreur traditionnel que dans le genre post-nuke rendu célèbre dans les années 80 par les succès commerciaux de Mad Max Road Warrior, de George Miller, et New York 1997, de John Carpenter; puis récupéré par des cinéastes italiens spécialisés dans le bis (Sergio Martino, Joe d’Amato, Giuliano Carnimeo, Enzo G. Castellari, Bruno Mattei et consorts) avant de tomber en désuétude. Jusqu’à ce qu’on le relance récemment en l’assimilant aux babines sanguinolentes des zombies. A cette nouvelle règle, Marshall dit non. Refuse la performance moderne pour le vintage oldschool. S’amuse à zigzaguer entre les genres pour donner un résultat totalement délirant au mauvais goût assumé qui confirme au passage après le 300 de Zack Snyder que la série B contemporaine ne cesse de se rediriger vers les années 80.

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Doomsday a un mérite, un vrai: celui de brouiller les pistes et les opinions. Une fois sorti de la salle, vous aurez certainement du mal à rebrancher votre cerveau pour peu que vous ayez oublié de le mettre en stand-by. Si John Carpenter l’avait réalisé, la critique américaine – plutôt assassine avec l’objet sympathiquement régressif – rivaliserait sans doute de superlatifs. Cette même critique qui risque de multiplier les éloges au sujet du prochain George A. Romero, Diary of the dead, auberge espagnole où toutes les dissertations théoriques semblent admises. C’est un signe de respect. Prenons le risque de ne pas commettre cette grossière erreur qui consisterait à sous-estimer Neil Marshall. Il n’a peut-être pas le background adéquat pour être respectable ou crédible aux yeux des puristes, mais son désir d’utiliser la sous-culture des années 80 sans chercher à la moderniser à outrance plaide au minimum pour la mansuétude. En dépit de ses scories, son premier long métrage, Dog Soldiers, était animé par une vraie croyance au cinéma de genre et ce même s’il flirtait avec un amateurisme énergique et un délire craspec que Peter Jackson première période n’aurait pas reniés. Son second, The Descent, est venu changer la donne en plaçant Marshall comme l’un des grands espoirs du cinéma horrifique. Pour beaucoup, il s’agit ni plus ni moins de l’un des meilleurs films d’horreur récents à la fois pour sa capacité à pervertir les codes (un survival avec des femmes qui peuvent se révéler aussi brutales que des hommes) et à générer des effets angoissants (une séquence mémorable où les filles se filment en DV infra-rouge au fond d’une grotte et une créature albinos, dentue, de la plus répugnante apparence, apparaît). Grâce à cette réputation pas usurpée, il a eu les coudées franches pour réaliser Doomsday, trip post-apocalyptique qu’il fantasmait depuis longtemps.

L’idée du scénario a germé dans l’esprit de Neil Marshall il y a sept ans, en longeant les ruines de la muraille d’Hadrien. A l’origine, il s’agit d’une construction défensive mandatée par l’empereur romain Hadrien et construit entre 122 et 132 après JC. Sa mission consistait à défendre les terres conquises sur l’île de Grande Bretagne des belliqueux peuples du Nord, connus sous le nom de pictos. Ces peuples venaient des Scotts d’Irlande et occupaient la région connue aujourd’hui sous le nom d’Ecosse. Particulièrement belliqueux, les romains eurent du mal à les contrôler et décidèrent de dresser une muraille, afin de mieux contenir les rebelles. Par le pouvoir de la fiction, Marshall a eu envie d’user du contexte pour réactualiser la fonction d’un mur similaire qui servirait de rempart pour protéger l’humanité d’un virus contagieux. Présent au dernier festival de Gérardmer en tant que membre du jury, le réalisateur explique: «Ce film est parti d’une histoire de virus à la Tchernobyl et de mise en quarantaine d’une partie de l’Ecosse. Au moment où l’action se déroule, il n’y a apparemment aucun moyen d’arrêter la propagation du virus. Par la suite, m’est venue l’idée des chevaliers moyenâgeux. En reliant ces contrastes temporels sans avoir recours au voyage dans le temps, j’ai décidé de fragmenter le récit en deux époques distinctes sur trente ans et d’adopter l’hypothèse selon laquelle des survivants se seraient réfugiés dans des châteaux. Il faut savoir que l’Ecosse en est rempli. La nature du film est venue en additionnant ces éléments a priori disparates. Je trouvais que ces personnages de chevaliers ressemblaient à ceux que l’on voyait dans les films de Terry Gilliam ou à l’époque des Monty Python (…) J’ai décidé d’assumer totalement cette part humoristique. Pour cette raison, il ne faut pas prendre Doomsday au sérieux. C’est clairement un délire au millième degré et il se situe en cela très loin des récents films post-apocalyptiques comme 28 semaines plus tard ou Je suis une légende

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Pour concrétiser Doomsday, Neil Marshall a bénéficié d’un budget très confortable (20 millions de dollars), largement supérieur à ses deux précédents longs métrages. Il doit beaucoup à l’aide productive de Rogue Pictures: «J’ai eu envie de réaliser ce film avant The Descent. En réalité, j’avais écrit le scénario des années avant. C’était comme un fantasme qui ne verrait jamais le jour. Au moment de The Descent, j’ai proposé trois scénarios à Rogue Pictures. Et par bonheur, ils ont choisi celui de Doomsday.» Neil Marshall le sait, il est attendu au tournant. Doomsday ressemble à un moyen d’évaluer son talent dans un registre différent et permet au passage de savoir si oui ou non l’artiste n’est qu’un simple one-trick pony. En vérité, avec le recul, on se demande surtout si on n’aurait pas sous-estimé son sens de l’humour. Tourné en Afrique du sud et en Ecosse avant de finir le périple à Londres, ce film cherche dans un premier temps à provoquer de puissantes montées d’adrénalines. Pour sûr, ceux qui aiment les examens d’états d’âme peuvent passer leur chemin, ils risquent de se sentir exclus. D’autant que la suite des événements furète vers le n’importe quoi testostéroné. C’est sa limite (Doomsday s’avère peu substantiel et peu novateur) et sa qualité (il en met plein la vue avec beaucoup d’énergie). A tous les points de vue, l’honneur est sauf: les amateurs de concentré hard-boiled, de rire gras et de tripaille gore avec des punchlines éructées en guise de dialogues devraient avoir de quoi se réjouir, à la hauteur des espérances.

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Parce qu’il mélange les tonalités, les univers et les coutumes, Doomsday ressemble à une ratatouille de genres. Ce n’est pas étonnant. Neil Marshall adore l’idée de mélanger pour donner un résultat inclassable. S’il devait le définir, il dirait qu’il s’agit d’un «survival à la Mad Max 2 qui combine à la fois de l’aventure et de l’action». L’horreur et la science-fiction sont deux genres qui apparaissent de manière plus discrète, même s’il y a du sang, du maquillage, des effets spéciaux et des tripes. Il faut prendre ça comme des péchés mignons. Pour ceux qui souhaitent y trouver de la réflexion, le cinéaste susurre qu’il faut prendre le mur artificiel comme « une métaphore sur les frontières mondiales». Le personnage féminin interprété par Rhona Mitra qui voyage comme une guerrière est représentatif de cette indécision. Marshall révèle: «Je l’ai écrit de manière émotionnelle de façon à ce que l’on s’accroche à lui pendant tout le récit. Et si vous regardez les deux autres longs métrages que j’ai réalisés, vous remarquerez que les personnages sont au coeur du récit. Dans Dog Soldiers, les soldats ont plus d’importance que les loups-garous. Dans The Descent, on s’attache à un personnage endeuillé. C’était une subversion. Je donne toujours plus d’importance aux personnages qu’aux rebondissements. Parce que je pense qu’un bon film doit être guidé par un bon personnage. Il faut qu’il y ait un attachement, c’est primordial.» Indiscutablement, Doomsday regroupe plusieurs sources d’inspiration allant de Mad Max 2 à New York 1997 en passant par Excalibur de John Boorman. Mais le film ne doit pas se résumer à un épigone lourdement référentiel. En trimballant sa cinéphilie, Neil Marshall suit en toute discrétion le chemin d’un cinéaste comme David Twohy, capable d’oeuvrer dans le fantastique cérébral (Abîmes, basé sur un scénario de Darren Aronofsky) et le space opéra sous l’influence de John Milius (Les chroniques de Riddick).

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Peu importe le degré de réussite: c’est l’intention qui compte. Le casting (Rhona Mitra, Malcolm McDowell, Bob Hoskins et Adrian Lester) n’en finit plus de cabotiner comme des personnages issus d’une bédé survoltée. Il ne manque plus que Udo Kier pour que l’amateur de choses déviantes en ait pour son compte. L’efficacité de l’ensemble est également redevable au chef-opérateur Sam McCurdy qui avait déjà exécuté du bon travail sur The Descent. Sans en avoir l’air, le contexte post-apocalyptique permet de déboucher sur une morale rebattue: les hommes n’ont pas changé et ne changeront jamais. En période extrême de catastrophe, ils retournent à des instincts bestiaux et se divisent en clans tribaux. C’est la part sombre d’un film extrêmement décomplexé qui privilégie en surface les lois du divertissement. En profondeur, cette oeuvre d’anticipation pleine de décalages absurdes esquisse une réflexion sur un monde à la dérive en assumant son statut tendance (n)anar. Tout ça avec le sourire, sur un mode parodique qui risque de soûler ceux qui n’aiment pas ça. Ne vous forcez pas à aimer mais ne dégoûtez pas les autres. Après ce fendard Doomsday, menacé par le nivellement par le bas (ce qui peut faire du bien en soi), Marshall a déjà d’autres projets en cours pour rebondir si échec cuisant il y a. S’il ne réalisera pas la suite de The Descent qu’il délèguera à son monteur Jon Harris et se contentera de le produire (une décision sans doute sage vu le synopsis qui laisse craindre la resucée mercantile), cet artiste qui connaît les ficelles du système D devrait écrire et réaliser Sacrilège, un film d’horreur situé aux Etats-Unis, pendant la Ruée vers l’or. Deux projets restent cependant en attente: Outpost, un film de zombies dans le sillage du Braindead, de Peter Jackson (le chef-d’oeuvre le plus drôle et le plus gore au monde), et Eagle’s west, un film d’aventure. L’éclectisme avant tout et le plaisir de faire du cinéma sous toutes ses formes, sans modération ni préjugés. Quoi qu’il en coûte.

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