Critique de MR-73 de Olivier Marchal

Cinéma-france ! ! !

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Après l’ovationné 36, Quai des Orfèvres, le duo gagnant formé par Olivier Marchal et Daniel Auteuil se reforme à l’occasion de MR-73, un polar ultra-sombre suivant un flic à la dérive.

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MR-73 est la dernière pièce du tryptique initié par Olivier Marchal sur le monde de la police il y a voici 6 ans, introduit avec un honnête Gangsters, développé de fort belle manière avec 36, Quai des Orfèvres et qui se conclut aujourd’hui par MR-73, son œuvre la plus personnelle mais également de loin la plus noire. En effet les as de la police parisienne entrevus dans 36, Quai des Orfèvres laissent ici place à un flic détruit à la recherche de son âme, mis à l’écart et renié par ses pairs, et qui évolue dans un SRPJ marseillais manquant cruellement de moyens.

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MR-73 suit donc l’errance et la marginalisation de Louis Schneider, l’un des meilleurs enquêteurs de sa brigade mais qui ne s’est jamais remis de l’accident qui a coûté la vie à sa fille et plongé sa femme dans un état semi végétatif. Schneider, qui trompait sa femme avec sa supérieure hiérarchique à cette période-là, traine une culpabilité insoutenable et une rancœur tenace envers son ancienne maîtresse qui dirige aujourd’hui son service. Il ne vit désormais que pour son métier, la dernière chose qui lui maintienne la tête hors de l’eau. Malgré la réticence de l’IGPN convaincue qu’il est une menace pour ses collègues, du fait de son addiction à l’alcool, il reste le meilleur atout de la police marseillaise pour résoudre une sordide affaire de meurtres en séries s’approchant de la barbarie. Parallèlement, d’anciens fantômes refont surface, avec Justine qui sollicite l’aide de Schneider suite à la remise en liberté de Subra, un dangereux psychopathe qui massacra la famille de la jeune femme quelques années plus tôt et qui avait été appréhendé par Schneider à l’époque. Cette rencontre va permettre à Schneider de ne pas sombrer entièrement et de chercher une rédemption qu’il n’espérait plus.

la suite dans la suite ^^

Ecrit par Olivier Marchal, qui s’est en partie basé sur une histoire qu’il a vécu réellement lorsqu’il était flic durant les années 80, le scénario mêle principalement trois intrigues qui ne font plus qu’une au final : l’enquête de Schneider sur le tueur en série, la lutte de Justine contre la libération de Subra, et le passé de Schneider faisant le lien entre les deux premières. Si parfois l’entremêlement des histoires peut sembler au début un peu confus, Olivier Marchal trouve son rythme de croisière et nous amène là où il le souhaitait, nous faire comprendre qu’il a beaucoup de respect à l’égard du métier de flic, mais qu’une vie de policier est loin d’être évidente et qu’elle peut en laisser plus d’un sur une voie sans retour. En cela Schneider stigmatise les blessures psychologiques et morales que peuvent ressentir des hommes brisés face à l’horreur des affaires qu’ils peuvent avoir à traiter. Le ton est dur et sans concession, Olivier Marchal dépeint ici un monde où l’optimisme n’a que peu sa place, même si l’espoir a un rôle important dans la construction de bon nombre de ses personnages.

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A travers sa mise en scène qui bénéficie d’une photo particulièrement léchée, on notera la force de ses cadrages et de sa direction d’acteurs mais on déplorera également certains effets de style trop appuyés et les plus observateurs d’entre vous remarqueront que certaines scènes peuvent faire doublon avec ce que l’on a pu voir dans 36, Quai des Orfèvres. La qualité de MR-73 n’en reste pas moins excellente, grâce à la très belle performance de Daniel Auteuil qui se positionne comme un candidat sérieux pour les prochains Césars. Perdu derrière ses petites lunettes orangées, il est ne joue pas Schneider, il est Schneider à tel point qu’après le visionnage on ne voit pas qui d’autre aurait pu jouer ce rôle. Même si Daniel Auteuil domine l’écran, on peut souligner que le reste du casting, composé en grande partie d’habitués d’Olivier Marchal, a su apporter au métrage les « gueules » qui manquent cruellement au cinéma français.

http://www.dailymotion.com/video/x4lre5

D’une noirceur rarement entrevue ces dernières années, MR-73 installe définitivement Olivier Marchal comme le spécialiste du polar en France et bénéficie de la performance d’un Daniel Auteuil magistral en flic au bord du précipice.