Archive pour 17 mars, 2008

L’encyclopédie du savoir Relatif et Absolu … par Bernard Werber ! ! !

Utopie :

Nul n’a besoin de démontrer la parfaite harmonie qui règne entre les différentes parties de notre corps. Toutes nos cellules sont à égalité. L’oeil droit n’est pas jaloux de l’oeil gauche. Le poumon droit n’envie pas le poumon gauche. Dans notre corps , toutes les cellules, tous les organes, toues les parties n’ont qu’un unique et même objectif : servir l’organisme global de façon que celui-ci fonctionne au mieux.

Les cellules de notre corps connaissent, et avec réussite, et le communisme et l’anarchisme. Toutes égales, toutes libres, mais avec un but commun : vivre ensemble le mieux possibles. Grâce aux hormones et aux influx nerveux, l’information circule instantanément au travers de notre corps mais n’est transme qu’aux seules parties qui en ont besoin.

Dans le corps, il n’y a pas de chef, pas d’administration, pas d’argent. Les seules richesses sont le sucre et l’oxygène et il n’appartient qu’à l’organisme global de décider quels organes en ont le plus besoin. Quand il fait froid par exemple, le corps humain prive d’un peu de sang les extrémités de ses membres pour en alimenter les zones les plus vitales. C’est pour cette raison que doigts et orteils bleuissent les premiers.

En recopiant à l’échelle macrocosmique ce qui se passe dans notre corps à l’échelle microcosmique, nous prendrions exemple sur un système d’organisation qui a fait ses preuves depuis longtemps.

 

Ainsi naquit la mort :

La mort est apparue il y a précisément sept cents millions d’années. Jusque-là, et depuis quatre milliards d’années, la vie s’était limitée à la monocellularité. Sous sa forme monocellulaire, elle était immortelle puisque capable de se reproduire à l’identique et à l’infini. De nos jours, on trouve encore des traces de ces systèmes monocellulaires immortels dans les baarrières de corail.

Un jour cependant, deux cellules se sont rencontrées, se sont parlé et ont décidé de fonctionner ensemble, en complémentarité. Sont apparues alors des formes de vie multicellulaires. Simultanément la mort a fait aussi son apparition . En quoi les deux phénomènes sont-ils liés?

Quand deux cellules souhaitent s’associer, elles sont contraintes de communiquer et leur communication les portent à se répartir les tâches afin d’être plus éfficaces. Elles décideront par exemple que ce n’est pas la peine que toutes deux s’échinent à digérer la nourriture, l’une repérera les aliments et l’autre les digérera.

Par la suite, plus les rassemblements de cellules ont été important, plus leur spécialisation s’est affinée, plus chaque cellule s’est fragilisée et cette fragilité ne faisant que s’accentuer, la cellule a fini par perdre son immortalité originelle. Ainsi naquit la mort. De nos jours, nous voyons des ensembles animaliers constitués d’immenses agrégats de cellules extrêmement spécialisées et qui dialoguent en permanence.

Les cellules de nos yeux sont très différentes des cellules de notre foie et les premières s’empressent de signaler qu’elles aperçoivent un plat chaud afin que les secondes puissent aussitôt se mettre à fabriquer de la bile bien avant l’arrivée du mets dans la bouche. Dans un corps humain, tout est spécialisé, tout communique et dont tout est fragile et mortel. La  nécessité de la mort peut s’expliquer d’un autre point de vue. La mort est indispensable pour assurer l’équilibre entre les espèces. Si une espèce pluricellulaire se trouvait être immortelle, elle continuerait à se spécialiser jusqu’à résoudre tous les problèmes et devenir tellement efficace qu’elle compromettrait la perpétuité de toutes les autres formes de vie.

Une cellule du foie cancéreuse produit en permanence des morceaux de foie sans tenir compte des autres cellules qui lui disent que ce n’est plus nécessaire. La cellule cancéreuse a pour ambition de retrouver cette ancienne immortalité et c’est pour cela qu’elle tue l’ensemble de l’organisme, un peu comme ces gens qui parlent tout seuls en permanence sans rienécouter autour d’eux.

La cellule cancéreuse est une cellule autriste, c’est pourquoi elle est dangereuse. Elle se reproduit sans cesse et, dans sa folle quête d’immortalié, elle finit par tout tuer autour d’elle.

 

Chapeau haut de forme :

 » C’est l’histoire d’un type qui va chez son médecin. Il porte un chapeau haut de forme. Il s’assied et ôte son chapeau. Le medecin aperçoit alors une grenouille posée sur un crâne chauve. Il s’approche et constate que la grenouille est comme soudée à la peau.

-Et vous avez ça depuis longtemps ? s’étonne le practicien.

C’est alors la grenouille qui répond :

-Oh vous savez, docteur, au début, ce n’était qu’une petite verrue sous le pied.  »

Cette blague illustre un concept. Parfois on se trompe dans l’analyse d’un événement parce qu’on est resté figé dans le seul point de vue qui nous semble évident.