Archive pour 10 mars, 2008

Critique de  » A bord du Darjeeling Limited « 

Critique Cinélive ! ! !

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Tout le monde voudrait être Wes Anderson. Tout le monde. Si un astéroïde devait entrer en collision avec la Terre et qu’une fusée abritant une poignée d’humains censés perpétuer la race était envoyé dans le cosmos, Anderson en ferait à coup sûr, partie. Qui mieux que lui saurait parlé de nous ? Nul besoin d’observer l’oeuvre au microscope, sous tout ses angles et ses décadrages, pour réaliser à quel point le cinéaste connaît ses contemporains. Il les fait évoluer à travers de petites vignettes teintées de mélancolie, dans lesquelles chaque regard traduit un profond soupir, loin de tout formalisme, de toute contrainte narrative. Libre comme l’air ? Oui, mais une liberté boiteuse : les élus de ses films avancent par à-coups, comme pour ne pas trop raviver la fêlure qui est en eux.

Tous recherchent quelque chose. Les frères Whitman aussi. Ils sont trois, ne se sont plus parlé depuit la mort de leur père, et les voilà en Inde, embarqués dans un train- le Darjeeling, donc – à la recherche de leur mère partie vivre dans on ne sait quel ashram, quelque part, à gauche après la vache sacrée. La quête maternelle sera surtout spirituelle.

Il est intéressant d’observer le film à travers ses accessoires, en corrélation avec l’évolution intérieure de Francis, Jack et Peter ( et dont ils auront toutes les peines à vouloir se détacher ), soit : onze valises, une imprimante et une machine à plastifier ( le vrai kit de survie nerd ), symboles de leur rattachement à une certaine période de leur vie. Soit aussi : le train ( surtout celui-ci ), moyen de locomotion lent et imprévisible ( surtout celle-ci ) comme le sont la route menant à l’âge adulte ou encore les lunettes du paternel décédé dont refuse de se séparer Peter, provoquant de très verts échanges de vacheries. Petit à petit, le train devient trop étroit pour contenir leur cour de récréation personnelle et c’est au contact de l’extérieur, livré à eux-mêmes et aux autres, que le trio se réalisera, détournant enfin les yeux de son sacrosaint nombril.

Le génie de Wes Anderson, c’est de ne jamais faire peser l’exiguïté de décor, et de celle, intérieure, des frangins. Au contraire, sa mise en scène ouverte, fkuide,aérienne, s’emble s’amuser des retrouvailles  » rocambolesques  » de la fratrie, qu’elle accompagne en douceur, sans pour autant de flèches lumineuses le périmètre du changement en profondeur qui se profile. C’est l’une des grandes forces de Wes Anderson : il suggère, ne pointe ni ne surligne jamais, un tel procédé irait à l’encontre d’un art qu’il ne confie jamais à un unique savoir-faire. Les influences, variées, cohabitent : à l’ironie latine répond un sens absurde typiquement anglo-saxon, enrobé enrobé d’une texture orientale chatoyante, d’une élégance extrême. On ne regare pas A bord du Darjeeling Limited, on s’en imprègne. on en savoure chaque minute, chaque plan, chaque dialogue. Et on en redemande.

Wes Anderson revient très fort avec une comédie mélancolique, burlesque, rythmée par une somptueuse bande originale.

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