Crtitique de  » L’orphelinat « 

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Attendu comme un véritable détonateur, L’Orphelinat, premier film de Jose Antonio Bayona, débarque en France auréolé d’une myriade de prix. A l’arrivée, une franche déception !

De L’Orphelinat réalisé par Jose Antonio Bayona, on vous racontera dans un premier temps qu’il représente le dernier témoin de la vitalité du cinéma fantastique espagnol. On vous expliquera ensuite que ce film a déplacé les foules outre-Pyrénées, qu’on n’avait jamais vu ça en Espagne, jusqu’à élever l’oeuvre au rang du plus grand succès du box-office ibérique ( chiffres à l’appui ).

Par la suite, la communication n’oubliera pas d’observer que l’oeuvre cumula 14 nominations aux Goyas 2008 ( équivalents des Césars espagnols ), pour enlever 7 prix dont le Meilleur scénario ( première incompréhension ). L’Orphelinat a remporté aussi le Grand Prix cette année à Gérardmer ( ce qui résume sans doute la santé du festival ). Dernier argument, et non des moindres : Guillermo del Toro est à l’actif des producteurs – son nom apparaît clairement en tête de liste du générique français. Bêtement grégaires, nous nous sommes donc rendus au cinéma afin d’en juger la teneur, afin d’appréhender ce qui nous était présenté comme un véritable phénomène. Soyons clairs, nous nous sommes royalement ennuyés. En fait, on s’est posés beaucoup de questions.

Les éléments cités plus haut apportent une première réponse. Mais l’effet boule de neige ne justifie pas tout, le marketing non plus. Les non-choix affichés par le réalisateur ont certainement permis à son premier film de tomber dans le domaine du grand public. Après tout, L’Orphelinat, qu’est-ce que s’est ? Un drame qui n’en finit pas de faire du sur place, jouant des peurs primaires que sont le noir, l’abandon et la perte de l’être cher. L’intrigue a été mille et une fois déclinée, le mode opératoire franchement dépassé. Le spectateur n’en finit pas d’attendre d’avoir peur ( mon voisin, vivant sur une autre planète sans doute, espérait même se faire rembourser son ticket ) . Le réalisme affiché ne possède pas l’obscurantisme de La Secte sans nom ; son classicisme est sans communes mesures avec celui d’Abandonnée ; quant à la question de la possession par le Mal, renvoyons les brebis égarées au Jour de la Bête.

L’Orphelinat est de la teneur des objets sans formes (amas de digressions sur les maisons hantées, l’exorcisme, le Sida, la mémoire oubliée, les crimes non conspués, etc.). Beaucoup trop de choses à dire en résumé pour un format aussi court vêtu. Sincèrement, il y a vraiment tromperie sur la marchandise. D’où notre aigreur ! L’Orphelinat n’est pas un film de genre. Ce n’est pas un roman noir doublé d’épouvante, mais un simple mélodrame d’une mère paranoïaque, un brin schizophrénique, qui, dans ses errances, en oublierait qu’elle fut mère adoptive. A la manière des grands polars, l’affiche française surine le spectateur de ne pas révéler la fin au potentiel public. Nous, on s’en mordrait presque les doigts de vous la dire…