L’encyclopédie du savoir Relatif et Absolu … par Bernard Werber ! ! !

Chamanisme :

Presque toutes les cultures de l’humlanité connaissent le chamanisme. Les chamans ne sont ni des chefs, ni des prêtres, ni des sorciers, ni des sages. leur rôle consiste simplement à reconcilier l’homme avec la nature.

Chez les Indiens Caraïbes du Surinam, la phase initiale de l’apprentissage chamanique dure vingt-quatre jours, divisés en quatre périodes de trois jours d’instruction et trois jours de repos. Les jeunes apprentis, en général six jeunes d’âge pubère, car c’est l’âge où la responsabilité est encore malléable, sont initiés aux traditions, aux chants et aux danses. Ils observent et imitent les mouvements et les cris des animaux pour mieux les comprendre. Pendant toute la durée de leur enseignement, ils ne mangent pratiquement pas mais mâchent des feuilles de tabac et boivent du jus de tabac. Le jeûne et la consommation de tabac provoquent chez eux de fortes fièvres et d’autres troubles physiologiques. L’initiation est de plus parsemée d’épreuves physiquement dangereuses qui placent l’individu à la limite de la vie et de la mort, en détruisant sa personnalité. Après quelques jours de cette initiation à la fois exténuante, dangereuse et intoxicante, les apprentis parviennent à « visualiser » certaines forces et à se familiariser avec l’état de transe extatique.

L’initiation chamanique est une réminiscence de l’adaptation de l’homme à la nature. En état de péril, soit on s’adapte, soit on disparaît. En état de péril, on observe sans juger et sans intellectualiser. On apprend à désapprendre. Vient ensuite pour l’apprenti chaman une période de vie solitaire de près de trois ans dans la fôret, pendant laquelle il se nourrit seul dans la nature. S’il survit, il réapparaîtra au village, épuisé, sale, presque en état de démence. Un vieux chaman le prendra alors en charge pour la suite de l’initiation. Le maître tentera d’éveiller chez le jeune la faculté de transformer ses hallucinations en expériences  » extatiques  » contrôlées.

Il est paradoxal que cette éducation par la destruction de la personnalité humaine pour revenir à un état d’animal sauvage transorme le chaman en super-gentleman. Le chaman, à la fin de son initiation, est en effet un citoyen plus fort tant dans sa maîtrise de lui-même, ses capacités intellectuelles et intuitives, que dans sa moralité. Les chamans yakoutes de Sibérie ont trois fois plus de culture et de vocabulaire que la moyenne de leurs concitoyens.

Selon le professeur Gérard Amzallag, auteur du livre  » Philosophie biologique « , les chamans sont aussi les gardiens et sans doute les auteurs de la littérature orale. Celle-ci présente des aspects mythiques, poétiques et héroïques qui constitueront la base de toute la culture du village.

De nos jours, dans la préparation aux transes extatiques, on contaste une utilisation de plus en plus répandue de narcotiques et de champignons hallucinogènes. Ce phénomène trahit une baisse de la qualité de l’éducation des jeunes chamans et un affaiblissement progressif de leur pouvoir.

 

L’histoire vécue et l’histoire racontée :

L’histoire qu’on nous enseigne à l’école, c’est l’histoire des rois, des batailles et des villes. Mais ce n’est pas la seule histoire, loin de là. Jusqu’en 1900, plus des deux tiers des gens vivaient en dehors des villes, dans les campagnes, les forêts, les montagnes, les bords de mer. Les batailles ne concernaient qu’une partie infime de la population.

Mais l’histoire avec un grand H éxige des traces écrites et les scribes étaient le plus souvent des scribes de cour, des chroniqueurs aux ordres de leur maître. Ils ne racontaient que ce que le roi leur disait de raconter. Ils ne consignaient donc que des préoccupations de rois : batailles, mariages princiers et problèmes de successions au trône.

L’histoire des campagnes est ignorée ou presque car les paysans ne disposant pas de scribes et ne sachant pas écrire transmettaient leur vécu sous forme de sagas, de chants, de mythologies et de contes pour coin du feu, de blagues même.

L’histoire officielle nous propose une vision darwinienne de l’évolution de l’humanité : sélection des plus aptes, disparition des plus faibles. Elle sous-entend que les aborigènes d’Australie, les peuples des forêts d’Amazonie, les Indiens d’Amérique, les Papous ont historiquement tort parce qu’ils ont été militairement inférieur. Or il se peut qu’au contraire ces peuples dits primitifs puissent nous apporter par leurs mythologie, leur arganisations sociales, leurs médecines, des apports qui nous manquent pour notre bien-être futur.

 

Prédateur :

Que serait notre civilisation humaine si elle ne s’était pas débarassée de ses prédateurs majeurs tels les loups, les lions, les ours ou les lycaons ? Sûrement un civilisation inquiète, en perpétuelle remise en cause.

Les Romains pour se donner des frayeurs au milieu des libations, faisaient apporter un cadavre qui restait exposé en position verticale jusu’à la fin du banquet. Tous les convives se rappelaient ainsi que jamais rien n’est gagné et que la mort peut subvenir à n’importe quel instant. Mais de nos jours l’homme a écrasé, éliminé, mis au musée, toutes les espèces capable de le manger. Si bien qu’il ne lui reste plus que les microbes pour prédateurs.

La civilisation myrmécéennes, en revanche, s’est développée sans parvenir à éliminer ses prédateurs majeurs. Résultat : cet insecte vit une perpétuelle remise en cause. Il sait qu’il n’a accompli que la moitié du chemin puisque même l’animal le plus stupide peut détruire d’un coup de patte le fruit de millénaires d’expérience réfléchie.

 

Complots :

Le système d’organisation le plus répandu parmi les humains est le suivant : une hiérarchie complexe d’ « administratifs « , hommes et femmes de pouvoir, encadre ou plutôt gère le groupe plus restreint des  » créatifs « , dont les  » commerciaux « , sous couvert de distribution, s’approprient ensuite le travail. Administratifs, créatifs, commerciaux. Voilà les trois castes qui correspondent de nos jours aux ouvrières, soldates, sexuées chez les fourmis.

La lutte entre Staline et Trotski, au début du XXème siècle, illustre à merveille le passage d’un système avantageant les créatifs à un système privilégiant les administratifs. Trotski, le mathématicien, l’inventeur de l’Armée rouge, est en effet évincé par Staline, l’homme des complots. Une page est tournée.

On progresse mieux, et plus vite, dans les strates de la société si l’on sait séduire, réunir des tueurs, désinformer, que si l’on est capable de produire des concepts ou des objets nouveaux.

 


Un commentaire

  1. Syou Plé dit :

    Chamanisme :

    Il est étrange de voir que j’ai à dessein d’utiliser une mince partie de leur méthode pour grandir l’homme. Il s’agit de se replier sur soi-même, de façon volontaire si possible, de désapprendre, de se détacher des choses, des lois qui régissent notre quotidien, de se plonger dans un état de réapprentissage structuré des choses, de la vie par un moyen qui semblerait réducteur et primaire, mais c’est une façon de non-intellectualiser les choses, pour en intellectualiser d’autre, afin de connaître ce qui semble bon de savoir et ce qui est gênant à savoir justement.

    Revenir à une certaine simplicité afin de complexifier des aspects intuitifs ce qui aura pour but d’augmenter la peception, de la modifier, de la changer afin de rendre la vie simple en apparence, mais complexe.

    De plus, je ne sais pas si tu connais cette sensation de connexion très intense, très très intense avec les choses, l’atmosphère et les ondes qui nous entourent, voire la nature, mais il parraîtrait que ceci est très rare, et j’ai rencontré peu de personnes ayant déjà eu au moins une fois cette sensation. Je l’appelle connexion inconsciente, car ça ressemble à une connexion de l’inconscient, mais ça peut être dangereux dans deux sens :

    - Une connexion mal maîtrisé peut rendre un peu ( beaucoup ) fou.
    - S’ouvrir à un bien être trop intense ouvre les porte de la balance de la vie c’est-à-dire, plus on s’ouvre au bonheur et plus on s’ouvre au malheur.:s

    J’ai la chance de pouvoir à peu près maîtriser la chose, suffisamment pour rentrer régulièrement dans un état de transe très très jouissif, mais c’est comme tout, trop en demander donne des angoisses et d’autres choses qu’il serait mauvais d’avoir…

    L’histoire vécue et l’histoire racontée :

    Il est logique de voir que certains peuples pauvres d’argent n’ont pas eu de vie raconté dans les livres. C’est fort dommage car pour faire lien avec la deuxième partie du texte, ils peuvent avoir une richesse culturelle que d’autres n’ont pas et qui peut être très utilse.

    En ce qui concerne le Darwinisme, je trouve cette vision trop scientifique, dans le mauvais côté du terme, dans la froideur du terme.
    Je ne dis pas que ce n’est pas vrai, je n’ai nullement d’arguments pour démontrer le contraire, mais sur certains points, l’évolution tel qu’on lentend laisse des doutes… Surtout quand on parle de faiblesse, dans ce cas, l’homme ne voulant pas tuer son prochain par sagesse serait donc faible de mourir !?!…

    La suite me laisse sans voix. Mdr !

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