L’encyclopédie du savoir Relatif et Absolu … par Bernard Werber ! ! !

Psychopathologie de l’échec :

Pourquoi autant de gens sont-ils attirés par la chaleur rassurante de la défaite ? Peut-être qu’une défaite ne peut être que le prélude à un revirement alors que la victoire tend à nous encourager à garder le même comportement. La défaite est novatrice, la victoire est conservatrice. Tous les humains sentent confusément cette vérité. Beaucoup parmi les plus intelligents sont ainsi tentés de réussir non pas la plus belle victoire mais la plus belle défaite.

Hannibal fit demi-tour devant Rome offerte. César insista pour aller aux ides de mars. L’armée écossaise de Charles Edouard Stuart refusa d’entrer dans Londres qu’elle avait pourtant conquise. Napoléon annonça la retraite à Waterloo alors que la bataille était probablement gagnée. Et que dire de toutes ces stars du show-business qui tout à coup tombent dans l’alcool, la drogue, ou se suicident sans aucune raison logique ? Elle n’arrivaient pas à supporter la gloire, elles ont donc sciemment organisé leur défaite.

Tirons la leçon de ces expériences passées. Derrière beaucoup de prétendues réussites, il n’y a qu’une volonté de se hisser au plus haut plongeoir pour bien se planter de manière spectaculaire.

 

Baiser :

Parfois, on me demande ce que l’homme a copié chez la fourmi. Le baiser sur la bouche. On a longtemps cru que les Romains de l’Antiquité avaient inventé le baiser sur la bouche plusieurs centaines d’années avant notre ère.  En faite, ils se sont contentés d’observer les insectes. Ils ont compris que lorsqu’elles se touchaient les labiales, les fourmis produisaient un acte généreux qui consolidait leur société. Ils n’en ont jamais saisi la signification complète mais ils se sont dit qu’il fallait reproduire cet attouchement pour retrouver la cohésion des fourmilières. S’embrasser sur la bouche, c’est mimer une trophalaxie. Mais dans la vraie trophalaxie, il y a régurgitation du jabot social et don de nourriture, alors que dans le baiser humain il n’y a qu’un vague échange de salive.

 

De l’intérêt de la différence :

On a longtemps cru que c’était le spermatozoïde le plus rapide qui réussissait à féconder l’ovule. Il n’en n’est rien. Plusieurs centaines de spermatozoïdes parviennent en même temps autour de l’oeuf. Et ils restent là à attendre, dandinant du flagelle. Un seul d’entre eux sera élu.

C’est donc l’ovule qui choisit le spermatozoïde gagnant parmi toute la masse de quémandeurs qui se pressent à sa porte. Selon quels critères ? Les chercheurs se sont longtemps posé la question. Ils ont récemment trouvé la solution : l’ovule jette son dévolu sur  » celui qui présente les caractères génétiques les plus différents des siens « .

Question de survie. L’ovule ignore qui sont les deux partenaires qui s’étreignent au-dessus de lui, alors il cherche tout simplement à éviter les problèmes de consanguinité. La nature veut que nos chromosomes tendent à s’enrichr de ce qui leur est différent et non de ce qui leur est similaire.