Moby le chanteur ? non , Moby Dick….

Capitaine Achab ! ! !

13 Février 2008

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Un film sur la vie entière du Capitain Achab, personnage du célèbre livre d’Hermann Melville,et sa rencontre avec la baleine… Moby Dick —>

 

 

Réalisé par Philippe Ramos avec Denis Lavant et Jacques Bonnaffé. Le film se risque à la comparaison avec le célèbre film culte de John Huston  » Moby Dick « , mais pas tout à fait la comparaison avec le film de Huston risquait de nuire au sien. Pourtant, à la vue de Capitaine Achab, le cinéaste français se sort avec talent d’un héritage lourd à porter.

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Il faut dire que Capitaine Achab n’a pas grand chose à voir avec Moby Dick. Si ce n’est le roman de Melville comme base scénaristique, et le capitaine Achab comme personnage principal. Alors que le film de John Huston fait reposer sa grandeur sur des scènes spectaculaires saisissantes, celui de Philippe Ramos se concentre sur l’intimiste. Faute de moyens me direz-vous ? C’est sûr, mais pas seulement. Le jour où Philippe Ramos filmera le harponnage haletant et sanglant d’une baleine n’est pas arrivé. Tout simplement parce que cela ne l’intéresse pas. Ce qui se comprend d’ailleurs : à chaque réalisateur ses thématiques propres.

Comme souvent dans ses films, on retrouve dans Capitaine Achab une propension à la lenteur, à l’ellipse et aux coupes rêches comme du papier abrasif. Mais cette fois-ci Philippe Ramos parvient à maîtriser son style, à le contrôler suffisamment pour qu’il serve son propos. Résultat : Capitaine Achab se tient de manière remarquable, sans temps mort ni faiblesses.

La réussite de Capitaine Achab repose beaucoup sur la qualité de la voix-off. Rocailleuse, originale par rapport à ce qui se pratique d’ordinaire dans le domaine de la narration orale, elle donne une atmosphère toute particulière au film. Capitaine Achab se distingue aussi par un scénario au cordeau qui écarte le superflu, par une caméra qui refuse le gros plan pour inclure les personnages dans un paysage et enfin par une fort belle métaphore qui justifierait presque à elle seule la vision du film. Pour évoquer la fameuse baleine blanche, Philippe Ramos montre un corps de femme.

L’idée est saisissante d’à propos et éclaire le roman de Melville sous un jour original. Moby Dick, ce grand roman sur l’aveuglement humain, sur la folie vengeresse, sur le fantasme de puissance prend subitement une nouvelle tournure. Achab devient le mâle hétérosexuel dans toute sa splendeur : plus ou moins castré par sa mère ou une figure maternelle de remplacement – en l’occurrence une tante -, prêt à tout pour planter son harpon dans le corps qu’il désire et incapable de vivre en couple. Achab pourrait mener une vie paisible avec Louise, mais il lui faut retrouver la mer pour défier celle qui l’a rendu infirme. Capitaine Achab, une jolie représentation du regard que les hommes portent sur des femmes perçues par eux à la fois comme un territoire de conquête et comme un lieu de perdition. ( Source Objetif Cinéma )

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