Bernard Werber ! ! !

Encyclopédie : AKHENATON

Il se nommait Aménophis IV mais se fit a^^eler Akhenaton, ce qui signifie  » celui qui plaît à Aton « , le dieu du Soleil. Premier pharaon monothéiste, il régna de 1372 à 1354 av. J.-C.

Les rares statues préservées qui le représentent montren un homme de heute taille, le visage oblong, les yeux en amande, le regard serein, les lèvres charnues, le menton prolongé par une barbe tubulaire. Son épouse, Néfertiti, est souvent représentée à ses côtés avec une coiffe pharaonique, prouvant que le roi lui avait octroyé un statut égal au sien. Il semblerait qu’elle ait été à l’origine de sa volonté de réforme.

Akhenaton se lança dans une politique de modernisation de la société égyptienne, créant un nouvel empire. Il détrôna la principale divinité égyptienne, Amon-Rê, dieu à tête de bélier, pour le remplacer par Aton, dieu du Soleil, dont il fit un dieu unique. Ce fut une révolution religieuse doublée d’une révolution politique.

Le pharaon enleva à la ville d’Ouaset ( plus tars appelée Thèbes par les Grecs ), vouée au dieu Amon, son statut de capital pour en doter Akhenaton, dédiée au dieu Amon ( aujourd’hui Tell Al Armana ).

Le mot  » aton  » signifiait lumière et chaleur mais aussi la justice et l’énergie de vie qui parcourt l’univers. Akhenaton fit participer à son gouvernement des Nubiens et des Hébreux.  » Aton  » est sans doute issus de l’Hébreu  » adon  » , Adonaï étant l’appellation de Dieu en cette langue. Côté artistique, l’heure était au réalisme avec, pour la 1ère fois, des représentations de la vie quotidienne et de scènes familiales, très éloignées des batailles et des scènes religieuses qui avaient jusqu’alors inspirés les peintres.

L’élite adhéra rapidement à cette notion d’  » un seul et grand dieu  » remplaçant un panthéon de dieux spécialisés. Sous Akhenaton, l’influence de l’empire égyptien s’étendit de l’actuelle Éthiopie au sud de la Turquie. Le pharaon se fit construire un tombeau dont l’axe permettait aux rayons du soleil d’illuminer l’ensemble du momument. Cependant, la guerre était à ses portes. De Byblos ( actuellement au Liban ), le prince Rib Addi envoya des appels de détresse, son royaume étant attaqué par les nomades du désert. Trop occupé à édifier sa capital et gérer son royaume, Akhenaton ne répondit pas. Il ne réagit pas non plus lorsque après les Khabiris, des Indo-Européens, les Hittites, s’en prirent à ses villes septentrionales. Lorsque Damas, Qadnesh et Qatna tombèrent aux mains des envahisseurs, il se décida enfin à dépêcher son armée mais il était déjà trop tard.

Profitant de ces échecs militaires, les prêtresd’Amon osèrent alors accuser le pharaon monothéiste d’hérésie. En 1340 av. J.-C. le général Ahoreb lança un coup d’État militaire. Akhenaton fut assassiné et Néfertiti contrainte de se convertir au culte du dieu à tête de bélier. La nouvelle capitale fut rasée et les représentations du  » pharaon hérétique  » détruites, à de rares exceptions près. Toutes les références au nom d’Akhenaton furent effacées des hiéroglyphes.

Encyclopédie : MILET

De Milet, cité ionienne d’Asie mineure, partit le 1er mouvement scientifique avec dans ses rangs Thalès, Anaximandre et Anaximène. Ils avaient en commun de s’opposer à l’ancienne cosmogonie d’Hésiode qui prônait un monde créé par des dieux à figure humaine. Leur sens du sacré les incita à rejeter cet anthropomorphisme pour aller chercher plutôt le principe divin dans la nature. Pour Thalès, Dieu est eau, pour Anaximène, il est air, et pour Anaximandre, il est l’indéfini. Pour un 4ème, Démocrite, né au milieu du Vème siècle av. J.-C., l’univers est rempli d’atomes, et les choses fortuits entre ces atomes au hasard de leurs courses auraient créé les mondes et l’homme.

Plus tard, plus à l’ouest, à Athènes, Socrate et son disciple Platon, formés par les scientifiques de Milet, ont été à l’origine de la philosophie grecque. Pour mieux faire prendre conscience du monde dans lequel évoluait l’homme, Socrate utilisa l’allégorie de la caverne. Selon lui, l’homme commun est semblable au prisonnier d’une grotte, enchaîné à sa condition misérable et au visage perpétuellement tourné vers le fond. Il voit défiler su la paroi les ombres d’objets promenés dans son dos à la lueur d’un feu et s’imagine que c’est là le réel. Pourtant, ilm ne s’agit que d’illusions. Si on libère ce prisonnier et le contraint à se retourner, à voir les objets qui dessinent ces silouhettes et le feu qui les anime d’un semblant de mouvement, il sera effrayé. Si ensuite on l’entraîne jusqu’à l’entrée de la caverne pour qu’il voie la vraie lumière, il souffrira et en sera ébloui. Et pourtant, s’il poursuit son chemin, il parviendra à regarder en face ce soleil, source bien réelle de toutes les lumières.

Pour Socrate, ce prisonnier, c’est le philosophe. Et lorsqu’il retournera dans la caverne, aucun de ceux qui s’y trouvent ne voudra le croire, et le pire des sorts l’attendra de la part de ceux qu’il souhaitait délivrer du mensonge et des illusions.

Accusé d’impiété et de corrompre la jeunesse, Socrate, en 399 av. J.-C., fut condamné à ingurgiter la ciguë, un poison violent.